Jean Dony Dona – JPP- Ti LaRi a – Crédit photo :©Anthony Bouvier

A propos de l'artiste +

Ce sont aux prémisses de l’année 2012 que nos routes se croisent avec Dony. Il avait alors déjà quinze ans à cette époque.

A sept ans, suite au décès de sa maman, Dony décide de prendre la rue et de tenter de survivre, plutôt que de subir les violences répétées et effrénées de son père toxicomane et violent. Ce dernier coup de ceinturon lui fendant tout le crâne le pousse indéniablement à cette décision.

Fougueux, malin et fort de caractère, malgré son jeune âge et l’absence de scolarité, Dony, alias       ” JPP – Ti moun Lari a” est coûte que coûte déterminé à faire entendre sa voix, au nom de tous ceux qu’il souhaite représenter, ses “konpè”. Celle des enfants laissés pour compte, livrés à eux-mêmes, « vieux » avant l’âge, dont la notion d’enfance est à peine concevable.

Ballotté de programmes en programmes après le cataclysme du 12 janvier 2010, de foyers en foyers, de centres d’accueil en écoles, TiLaRi cherche une façon pour se construire un avenir, dans la mesure du possible, “chaque jour que Bondye fait”, expliquera t-il. Chaque soir, même le ventre creux, il se dégotte un petit coin pour se reposer, voir dormir si possible, en espérant être sain et sauf au lever du jour (…).

Très vite, de nombreuses démarches sont entreprises pour lui trouver une école et scolariser Dony, avec cette fois-ci, le suivi d’une marraine. Rien n’est simple. Sans acte de naissance, avec un parcours comme le sien, cela se présente comme peine perdue. Néanmoins, à force de recherches et de “montées-descentes”, une école finit enfin par l’accepter.

Il rencontre de très grosses difficultés face à l’apprentissage en milieu scolaire (…). Au bout de quelques semaines, il finit par ne plus suivre les cours et retourne “flip flop” sur le terrain mouvant du “Bas la ville”.

Par ses propres moyens, il trouvera un garage de fortune, aux abords du cimetière de Port-au-Prince, où il apprendra quelques notions de mécanique automobile, auprès d’un “boss”, comme on les appelle là-bas. Dès qu’il le peut, il dégote des motocyclettes et se fait la main dessus. La mécanique, ce n’est pas du tout son truc ! Alors, il rend des services, ci et là pour se faire un petit sous et se payer des tours de motos sur le Champs de Mars, pour en maîtriser la conduite.            Son rêve : devenir chauffeur ou chanteur.

Lè pawol la- Ti LaRi – Jan’l Pase Pase !

(” Quand le micro est donné à un enfant des rues, ça se passe comme ça se passe. JPP : Jan’l pase pase ! “).

Ti LaRi dénonce à sa façon, tant bien que mal, la violence qu’il subit personnellement et collectivement, chaque jour depuis plus de dix années. Rébus de la société, non considérés, souvent instrumentalisés, les enfants issus d’une grande précarité n’auraient donc ils aucune perspective d’avenir ?

Les problèmes et les phénomènes dont pâtissent encore trop de jeunes dans ce monde sont bien réels, que ce soit en Haïti, ou dans d’autres pays.

“Parce que nous ne sommes pas nés sous la même étoile” ?

Sans chercher à faire du misérabilisme ou même entrer dans une forme de dramaturgie, l’histoire de Dony apparaît comme un simple témoignage d’une rencontre avec un jeune qui aspire uniquement à un jour meilleur. Malheureusement, son histoire n’apparaît pas singulière.

Ici, la musique s’apparente à un catharsis, un catalyseur de souffrance, un moteur d’espoir.

“L’

Art

, la

Culture

et la

Transmission

comme vecteur d’

épanouissement

, de

régulateur émotionnel

, de

développement

humain, social et économique” –

Aude Jeanne HULOT

Videos -
SoundCloud +
https://soundcloud.com/mastersun/ann-pwoteje-anvironmann-1?in=nana-aude-hulot/sets/ha-ti